épreuve de réalité
L’épreuve de réalité qui nous importe en psychopathologie ne concerne pas les objets inertes de la perception. Le sujet, même psychotique, peut très bien critiquer la nature oniroïde de ses hallucinations ou de ses croyances délirantes. Ce qui lui est moins facile, c’est de se convaincre que ces choses n’ont pas de signification spéciale, qu’elles ne lui sont pas adressées, qu’elles ne résultent pas d’une intentionnalité en acte et les concernant. Chez le psychotique, c’est la qualité de «message» du perçu qui se trouve à être hypertrophiée: tout lui fait signe, et il n’y a plus de distinction entre un signe et une trace. L’épreuve de réalité qui compte est ce qu’on pourrait appeler un « examen d’intentionnalité ».